Tu as sûrement déjà vu ces vidéos : quelqu'un déballe un produit dans sa cuisine, l'essaie, dit ce qu'il en pense. Elles ont l'air spontanées, mais une marque les a commandées. C'est l'UGC, et c'est devenu un vrai petit métier. Voici comment il fonctionne, et surtout comment être payé·e correctement.
L'UGC, c'est quoi exactement
UGC veut dire « contenu créé par l'utilisateur ». Au départ, c'était les avis et les vidéos que les clients publiaient d'eux-mêmes. Aujourd'hui, les marques paient des créateurs pour tourner des vidéos qui ont ce style : naturel, filmé au téléphone, face caméra.
La grande différence avec un influenceur : tu n'as pas besoin d'avoir des abonnés. La vidéo n'est pas forcément publiée sur ton compte. La marque la récupère et la diffuse elle-même, sur son site, ses réseaux ou dans ses publicités.
Comment une marque choisit ses créateurs
- Ton profil colle à sa cliente. Une marque de soins pour peaux sensibles cherche quelqu'un qui ressemble à ses acheteurs, pas un mannequin.
- Ta façon de parler. Clair, naturel, sans réciter. C'est le critère numéro un.
- La qualité de tes images. Une lumière propre, un son net, un cadre stable. Pas besoin de matériel cher, ton téléphone suffit.
- Tes exemples. Deux ou trois vidéos d'essai, même tournées sur des produits de chez toi, valent mieux qu'une longue présentation.
Ce qu'on te demande de tourner
- Un déballage : tu ouvres le colis et tu découvres le produit.
- Un avis face caméra : ce qui t'a plu, comment tu l'utilises.
- Une démonstration : avant et après, mode d'emploi, comparaison.
- Des « accroches » : plusieurs débuts de vidéo différents, pour que la marque teste lequel marche le mieux.
- Des plans sans paroles : tes mains, le produit, ton intérieur.
Tu reçois en général un brief : les messages à faire passer, ce qu'il ne faut pas dire, la durée et le format. Lis-le deux fois avant de tourner. La moitié des allers-retours viennent d'un brief mal lu.
Ton statut : tu es à ton compte
Dans la plupart des cas, une marque te paie une prestation, pas un salaire. Il te faut donc un statut qui te permet de facturer. Le plus simple pour démarrer, c'est la micro-entreprise (auto-entrepreneur) : l'inscription se fait en ligne, et tu déclares ensuite ton chiffre d'affaires à l'Urssaf.
Pour chaque commande, tu envoies une facture. Elle doit porter certaines mentions obligatoires, dont ton numéro SIREN. Garde un modèle propre et numérote tes factures à la suite.
La partie que beaucoup oublient : les droits
Ta vidéo montre ton visage et ta voix. Personne ne peut diffuser ton image sans ton accord, et cet accord vaut pour un usage précis. Tourner pour une marque ne veut pas dire qu'elle peut utiliser ta vidéo partout, pour toujours.
Quand tu cèdes des droits sur ce que tu as créé, la loi demande que le contrat précise chaque droit cédé, et le délimite : pour quels usages, dans quels pays et pour combien de temps. Écris-le noir sur blanc dans ton devis ou ton contrat.
- Les supports. Réseaux sociaux de la marque seulement, ou aussi en publicité payante, sur son site, à la télé ?
- La durée. Quelques mois, un an : une durée limitée, renouvelable contre paiement.
- Les pays. La France seulement, ou plus large ?
- Les modifications. La marque peut-elle couper, sous-titrer, mélanger ta vidéo avec d'autres ?
Le piège : travailler contre un produit
On va te proposer de tourner « en échange du produit ». Pour une première vidéo d'essai, pourquoi pas, si c'est toi qui choisis. Mais si la marque utilise ensuite ta vidéo dans ses publicités, tu as travaillé gratuitement pour elle. Un produit reçu n'est pas un paiement, et ne donne à la marque aucun droit sur ton image.
- Pas de paiement fixé par écrit avant de tourner : tu ne tournes pas.
- On te demande de céder tes droits « pour toute durée et tout support » : tu négocies, ou tu refuses.
- On te demande de payer une formation ou un « accès aux marques » : c'est une arnaque, pas un casting.
- Urssaf, portail auto-entrepreneurCréer ta micro-entreprise et déclarer ton chiffre d'affaires.
- Les mentions obligatoires d'une factureLa fiche du ministère de l'Économie.
- Droit à l'imageCe qu'il faut pour diffuser l'image de quelqu'un.



